La ville nouvelle de Cergy-Pontoise

 

En 1960, l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Parisienne est créé pour étudier un schéma directeur qui, en 1964, propose la création de cinq villes nouvelles autour de Paris destinées à :

– décongestionner la capitale en créant des noyaux urbains qui restructurent une banlieue anarchique,

– réaliser simultanément des zones d’emploi et des zones d’habitation pour éviter à la population un gaspillage de temps et d’énergie dans les transports quotidiens du logement au travail ; rapprocher également l’habitat des équipements commerciaux, scolaires et socioculturels correspondants.

– assurer une meilleure circulation autour de Paris et créer des zones de loisirs pour la population parisienne.

En 1968, une équipe d’urbanistes s’installe sur le terrain entre Cergy et Pontoise et constitue l’Etablissement Public d’Aménagement. Elle doit convaincre la population locale de la création d’une ville entre Pontoise et les villages qui bordent la boucle de l’Oise. Les pouvoirs publics démontrent leur volonté en construisant, en plein champ et en 1970, la nouvelle  préfecture du Val d’Oise où s’installeront un millier de personnel administratif. Le Préfet de Région, M. Doublet explique : « La restructuration de la Région Parisienne passe par un premier impératif : le desserrement des activités créatrices d’emploi…le second impératif est le rapprochement habitat-emploi. Les campagnes de presse et les opérations de relation publique se multiplient pour attirer les entreprises, les promoteurs et les habitants. Le sigle de la ville nouvelle évoque la grande boucle de l’Oise ; Ce signe dynamique, allie symboliquement dans un graphisme évoquant la grande boucle de l’Oise qui forme le cadre romantique de la ville Nouvelle, les initiales de Cergy et de Pontoise, désormais unies face à un avenir fascinant. Les articles de presse et les opérations de relation publique se multiplient pour attirer les entreprises, les promoteurs et les habitants : « Une ville nouvelle est une vraie ville avec tous ses équipements, Cergy Pontoise n’est ni un grand ensemble ni une cité dortoir. Les pouvoirs publics demandent aux administrations de se concerter pour financer et réaliser des équipements supplémentaires. Ils offrent aux entreprises des régimes préférentiels d’implantation, leur garantissent des logements pour leur personnel dotés d’équipements collectifs indispensables : écoles, universités équipements sociaux, sportifs et culturels. Avec la Préfecture, la Direction des Impôts, la Caisse des Allocations familiales, des banques, des bureaux, ils proposent des services administratifs compétents et variés…une préfecture de verre, d’acier et de béton où l’on pourra retirer une carte grise en trois minutes tandis qu’en sourdine résonne un musique douce ».

L’arrivée des premiers habitants

Au moment où, les premiers habitants arrivent, au printemps 1972, la Ville Nouvelle est planifiée pour accueillir 350.000 habitants en l’an 2.000. En réalité elle se stabilisera à 200 000 habitants au début du nouveau millénaire. Elle s’étend sur 9.000 hectares et englobe 16 communes. Il était alors prévu que la ville se construise en trois temps : un premier quartier autour de la Préfecture entre Cergy et Pontoise, composé d’un centre  administratif, commercial et culturel,  et d’une douzaine d’îlots d’habitation totalisant 8.000 logements. De 1973 à 1976, les activités des Ateliers Communautaires ont eu lieu dans les deux premiers îlots au Sud de la Préfecture : l’îlot des Plants et l’îlot des Touleuses. Le quartier de la Préfecture  se distingue des précédents types d’urbanisation par sa mixité sociale et architecturale et sa desserte par les transports en commun ( le RER) . Les logements y sont diversifiés, 2/3 en collectif et 1/3 en pavillon avec la possibilité de choisir entre accession à la propriété et location. Les deux types de logements cohabitent dans des îlots de 600 logements chacun, ce qui favorise le brassage social. La densité moyenne est de 60 logements à l’hectare.

Le quartier de la Préfecture

En 1972, le premier quartier de Cergy-Pontoise est construit d’abord au Sud, puis au Nord de la Préfecture ; Cet édifice symbolique affirmait la volonté de l’état de créer une ville nouvelle à trente cinq kilomètres à l’Ouest du centre de Paris. Dans le quartier de la Préfecture, en 1974, 65% des ménages ont moins de 35 ans ; La population pionnière se compose de 21% de cadres, 40% d’ouvriers et 18% d’employés. Une école est située au centre de gravité de chaque îlot, là où convergent les allées piétonnes à l’écart des automobiles qui stationnent en périphérie. Des passerelles relient les îlots entre eux et mènent au centre du quartier, là où s’ouvrira la gare du RER, puis le Centre commercial. Les îlots du secteur Sud du quartier de la préfecture disposent de commerces et de services de proximité rassemblés autour d’une maison de quartier. Les habitants vont y chercher le pain et le journal sans croiser le trafic automobile. Des équipements de loisir sont réalisés en même temps que les logements : Deux cinémas permanents ont ouvert avant même l’arrivée des premiers habitants, au sous-sol puis en face de la Préfecture. Sur le parvis de la préfecture s’ouvrent une piscine et une patinoire. Un parc urbain relie le campus de l’ESSEC à la préfecture et au centre culturel qui regroupe une bibliothèque, une salle de spectacle et les bureaux du Syndicat communautaire d’agglomération. A l’intérieur de la boucle de l’Oise se développe une base de loisirs « Sur les lacs (anciennes carrières de sable) sept fois plus grands que celui du bois de Boulogne, les premiers voiliers prennent le vent ». Au Sud du secteur Sud le long des maraîchages subsiste un bois qui est prolongé par une mince coulée d’espaces gazonnés et plantés traversant les îlots résidentiels des Plants et des Maradas.

Les locaux collectifs résidentiels qui résultent de l’obligation de construire 0,75 m2 sociaux par logement ( Loi Chalandon ) sont regroupés, pour la majeure partie d’entre eux, en maisons de quartier, et pour le reste en salles adjointes aux locaux scolaires et aux antennes d’accueil situés en rez-de-chaussée d’immeuble. Dès l’arrivée des premiers habitants, l’Etablissement Public d’Aménagement (EPA) a convoqué tous les organismes susceptibles de les accueillir et de leur donner tous les renseignements pratiques pour leur insertion rapide dans la communauté de Cergy-Pontoise. La Caisse des Allocations Familiales, des assistantes sociales, des conseillères ménagères tiennent des permanences. L’association Famille et cité, composée d’élues et de militants familiaux issus de l’action catholique, a été chargée par l’E.P.A. de « créer des liens chaleureux entre les habitants…et de faire passer l’information à la municipalité », cela, en faisant des visites à domicile suivies de réunions par immeuble et par commissions (parents d’élève, urbanisme, co-propriété, gestion des charges…) préfigurant la vie associative ultérieure.

Les Ateliers Communautaires de Cergy-Pontoise

Au moment où les premiers habitants arrivent dans le premier quartier de la ville nouvelle, celui de la préfecture, s’ouvrent les Ateliers Communautaires destinés à accompagner cette installation. En Juillet 1974 l’association des A.C dépose ses statuts. Sa vocation est transversale : Elle part de la fabrication d’un mobilier pour traiter de l’aménagement des espaces de voisinage auquel il importait d’associer le plus grand nombre d’habitants riverains. Un atelier de bricolage fournissait l’espace, l’outillage et l’aide technique aux habitants qui voulaient aussi bien fabriquer une étagère, un berceau ou une table que participer à la réalisation d’un bac à sable ou d’une fresque dans leur environnement proche. Une fois créée en Juillet 1974, se cotôient dans les Ateliers Communautaires des bricoleurs du dimanche que des microprojets collectifs et les membres actifs de l’association qui se réunissent à chaque fois qu’une nouvelle polémique agite la vie de quartier. Pour aller au devant de la population l’équipe d’animation des A.C. a planté son stand sur la place du marché et dans les espaces urbains. Les premiers habitants de la ville nouvelle étaient ainsi invités à s’approprier leur cadre de vie.

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