La recherche appliquée – Introduction

 

Le livre fait état d’un programme de recherche mené à partir de 1983 dans le cadre du Ministère de l’urbanisme, du logement et des transports. Les travaux de notre équipe s’appuient sur des études de cas qui diffèrent par leur échelle et par leur type de maîtrise d’ouvrage. Quelques images suffiront à évoquer leur nature et leur contexte. Aux Vignes Blanches il s’agit d’un groupe autogéré de 9 familles qui, de 1982 à 1984, ont réalisé leur immeuble en copropriété à Jouy le Moutier, dans la ville de Cergy-Pontoise. Aux Basses Roches c’est un mini quartier de 120 maisons de ville qui est programmé avec les habitants en 1983, puis construit à Conflans Sainte Honorine à partir de 1985.

Dans la deuxième partie du rapport de recherche remis en 1985, notre équipe de recherche pointe les différents paramètres d’une maîtrise d’ouvrage collective, les écueils à éviter, les questions à éclaircir pour se donner de meilleures chances de réussite. En matière de mode d’emploi, hier pas plus qu’aujourd’hui, rien ne peut être définitif. Rien ne peut réussir sans une adaptation au contexte et aux partenaires locaux, toujours différents d’un projet à l’autre. La connaissance avance par étapes successives. Notre recherche menée au début des années quatre vingt constitue l’une de ces étapes.

Dans notre équipe de recherche nous étions tous architectes de formation ; Deux d’entre nous étions à la fois enseignants et praticiens ; Le troisième était uniquement praticien ; Le quatrième était uniquement chercheur au CNRS où il deviendra Directeur de recherche. Compte tenu de la composition notre équipe de recherche de 1983 à 1985, le lecteur comprendra pourquoi les questions juridiques qui bien qu’occupant une place importante dans la vie d’un groupe ont été évoquées sans être approfondies dans nos deux rapports de recherche. Une grande partie des propos tenus en 1985 constituait une plaidoirie en faveur de la maîtrise d’œuvre collective. Notre prosélytisme professionnel était bien compréhensible dans cette période pionnière où il fallait convaincre les différents partenaires institutionnels du bien fondé de l’habitat participatif. Le contexte sociétal a changé. L’argumentaire en faveur de l’habitat participatif est devenue superflue. Dorénavant l’argumentation en faveur de la maîtrise d’œuvre collective s’inscrit dans une aspiration à la démocratie participative dont celui-ci n’est qu’une manifestation spécifique. Par contre les leçons que nous tirions de nos premières expérimentations se sont avérées utiles par la suite et font désormais partie des acquis de l’habitat participatif. Pour distinguer clairement les extraits du rapport de recherche datant de 1985, des commentaires qu’ils m’ont inspirés en 2012, les propos les plus anciens (1985) sont cités en italique, les propos les plus récents (2012) sont en caractère courant. Une bonne part des textes récents sont, pour la plupart, une re-actualisation de textes anciens.

Tout opérateur qu’il soit militant ou institutionnel a une tendance bien légitime à élaborer son propre mode d’emploi. Je ne présente donc pas cet ensemble de recommandations et de questionnements comme étant un point d’aboutissement, mais plutôt comme un point de départ. Il appartient aux militants de l’actuelle deuxième vague participative d’écrire les nouveaux « modes d’emploi » de l’habitat participatif, ce qu’ils ont déjà commencé à faire. Ainsi le livre de Bruno Parasote, publié en 2011 et intitulé « Autopromotion, habitat groupé, écologie et liens sociaux » constitue à la fois une défense et illustration de l’habitat participatif, et aussi un guide abondamment illustré et documenté. En se focalisant sur les immeubles de ville il témoigne du chemin parcouru depuis trente ans. Dorénavant l’habitat participatif quitte le statut de pratique périphérique pour s’implanter au cœur de la ville.

Les extraits de nos travaux de recherche datant de 1985 abordent successivement :

– Le rôle des différents intervenants à commencer par le plus important : le groupe de pilotage municipal.

– Les différentes phases de la programmation participative : les études de faisabilité à faire avant l’ouverture de l’atelier des habitants ; la campagne d’information ; la programmation ; le passage au projet ; le suivi de chantier, la préfiguration de la vie associative et de la gestion.

– Les thèmes et la méthode de travail avec les habitants : le plan masse, les plans-programmes, les groupes et les locaux de voisinage, la gestion du calendrier et la pédagogie réciproque.

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