Les locaux collectifs résidentiels

 

Les Planches à Orsay

83 logements. O. Dugas & Van Bellinghen architectes + Habitat-groupé conseil animation

En 1979 la municipalité accueillait les journées nationales du MHGA. Les terrains rares et les loyers chers obligent les orcéens aux revenus modestes à partir dans la ZUP des Ulis. La municipalité décide alors de construire le premier programme d’HLM d’Orsay et souhaite y associer les futurs habitants à condition que cela ne retarde pas la réalisation. Lorsque l’équipe d’animation menée par Y. Delagausie les difficultés surgissent de tous côtés : Qui faut-il informer et de quoi ? Parmi les cent trente familles candidates en mairie, soixante habitent Orsay dont beaucoup s’apprêtaient à quitter la ville sans attendre l’échéance du nouveau projet. Le stand sur le marché sert paradoxalement à décourager une majorité de gens très intéressés mais trop aisés pour avoir droit à un logement HLM. Des employés de mairie, face à l’afflux de nouveaux candidats sont inquiets de voir le projet annoncé sur la place publique et craignent de perdre leur priorité au relogement. Des rumeurs circulent alors selon lesquelles le projet ne se fera pas ou qu’il sera dangereusement « communautaire ». Il faut constater que la négociation des terrains se révèle incertaine. Des permis de construire récents enclavent le terrain affecté au projet municipal aux alentours duquel des projets privés sont en cours que les architectes s’ingénient à englober dans leur programme. Un terrain appartient à deux frères ennemis dont l’un refuse de vendre lorsque l’autre accepte et vice-versa. Un autre partie du terrain appartient à l’association de la paroisse qui approuve le caractère social du projet mais le rend inaccessible en s’alignant sur le prix du marché. Le maître d’ouvrage, la SCIC, attend avec un scepticisme bienveillant que la situation se dénoue en sa faveur tout en rappelant que sur un premier projet de 80 logements, 32 iront aux entreprises par le 1% patronal, 24 à la Préfecture et 16 seulement à la mairie qui désire garder les mains libres pour ses attributions prioritaires et les cas sociaux brusquement à la rue. C’est bel et bien cette situation inextricable qu’il faut expliquer aux habitants venus dans les réunions d’information. Leur réaction consiste à demander des garanties à la municipalité et aux architectes qui n’ont en guise de certitude que leur propre énergie à gagner la partie et qui finalement la gagnent. Au moment où la municipalité obtient le contingent de la préfecture et où les architectes tracent le périmètre définitif du terrain, l’atelier des habitants, lui aussi achève son travail de programmation ; Car l’incroyable a eu lieu : A partir de la liste municipale à laquelle se sont ajoutées de nouvelles candidatures collectées lors de la campagne d’information, soit 145+38, plus de trente familles ont accepté de travailler ensemble une soirée par semaine, pendant quatre mois pour participer à un projet dont ils n’avaient aucune assurance d’être les bénéficiaires. Parmi eux 17 employés, 5 ouvriers du bâtiment ,5 techniciens, 11 enseignants, 9 chômeurs et retraités, 6 cadres, 7 femmes au foyer, tous se sont mobilisés en vue d’autogérer leur futur habitat. Les partenaires du projet après avoir demander à l’équipe d’animation de l’atelier des futurs habitants, d’analyser les candidatures, la maître d’ouvrage social s’était chargé de se travail qui relevait de ses compétences. Toute cela avait pris du temps et le maître d’ouvrage commencer à écarter les quelques candidats qui ne répondaient pas aux critères de l’habitat social mais qui s’étaient déjà bien investis dans le travail de l’atelier. En créant une association loi 1901, les participants de l’atelier décident de se donner les moyens de jouer un rôle dans le déblocage de la situation. Ceci conduit à deux premières conclusions : Contrairement à ce que pourraient penser des élus et des administrations confrontées à des situations très incertaines, la présence des habitants n’ajoute pas à la confusion mais contribue à la clarification du projet, en apportant son appui aux stratégies qui servent l’intérêt public. Dans un projet participatif à caractère social, la participation ne retarde pas le projet contrairement à ce que prétendent les opérateurs qui s’opposent à l’intervention des habitants. L’expérience prouve le contraire.

Les habitants pressent les élus de veiller à la bonne fin d’un projet qui engage la collectivité. Ils maintiennent les opérateurs sous pression lorsque cela est nécessaire. Le déroulement de l’atelier d’Orsay montre également comment s’articulent le travail des habitants et celui des architectes. Ceux ci sont passés d’une attitude d’appréhension et de défiance au départ à une attitude coopérative sans réserve. Yves Delagausie m’a confié l’animation des ateliers dès qu’il a appris que l’ architecte, Olivier Dugas, et moi étions amis puis collègues depuis l’époque dite du Grand Palais ( En 1967 a lieu la première scission pédagogique d’avec l’enseignement académique de l’école des Beaux Arts) .

Au cours des séances d’atelier le travail des architectes s’articule sans difficulté avec celui des candidats au logement. Nous abordons la question du logement sous plusieurs angles de vue : fonctionnalité et organisation des espaces, mais aussi vie sociale et environnement.

Le 25 Septembre ouverture de l’atelier d’habitants à Orsay

Dès le 27 Septembre 1980 , les participants sont invités à construire des sortes d’abris, sur le site. Cette construction permet de sortir de la dictature de la parole et de provoquer d’emblée la formation de petits groupes. Nous disposions d’un sous-bois en pente à côté du local de réunion. Trois groupes construisent des cabanes à l’aide de planches, de plaques de polystyrène et de carton. Dans l’un des groupes un maçon se lance dans une leçon de maçonnerie et explique comment construire des fondations. Son discours paralyse le groupe qui le regarde faire un cube posé tant bien que mal dans la pente. Un deuxième groupe choisit un endroit ensoleillé et improvise une nef ronde avec un système de ficelles et de branchages. Le troisième groupe monte une maquette en fabriquant plusieurs façades d’immeuble en carton qu’ils couvrent de plantes et animent par de multiples balcons décalés a pour éviter les alignements verticaux. Par la suite le premier groupe a disparu pour être remplacé par un nouveau groupe tandis que les deux autres se sont agrandis à partir de leur noyau d’origine.

Plans programmes et portraits paysages 

L’ensemble des expressions est rassemblé en un « portrait-paysage » auquel correspond le « plan programme » de chaque logement proposé par l’équipe d’animation et corrigé par les intéressés. L’exemple de deux logements mitoyens indique comment dans un même groupe de travail et à partir de thèmes communs peuvent cohabiter des différences d’attitude et de plans. Ainsi dans un même groupe de travail, deux familles voisines souhaitant un logement bioclimatique veulent, chacune à sa manières, intégrer des plantes. L’une préfère placer une serre plantée au Sud du séjour tandis que l’autre prévoit de faire de l’ensemble de son séjour un espace capteur où vivre au milieu des plantes en pots qui devraient pouvoir se développer sur toute la hauteur d’un duplex. Les chambres des enfants des deux familles communiqueront à l’étage par une salle de jeux commune. C’est parfois à l’intérieur d’un même logement que deux principes spatiaux coexisteront. Madame Dupont dessine un village au bord de l’eau avec une dominante horizontale. Monsieur Dupont dessine un belvédère à dominante verticale. Leur logement se compose d’une part d’espaces d’activités lumineux et hauts sous plafond et d’autre part d’espaces de repos bas de plafond et peu éclairés ; Entre les deux, un espace de circulation de rencontre et de jeux. Mais comment introduire ces variations dans le cadre de prix « plafonds » ? Le moment le plus difficile est celui du passage de la programmation à de l’architecture constructible. Pour éviter qu’au cours des études opérationnelles ne soient laminés les espaces rêvés, les futurs habitants avec l’aide des animateurs de l’atelier de programmation sont invités à définir de la façon la plus claire le principe d’organisation de leur logement auquel ils tiennent en priorité.

Un plan masse contraint

S’agissant du plan masse les habitants formulent des critiques et des souhaits à partir des propositions des architectes. A Orsay les contraintes du site et la densité du programme ne laissent que peu de latitude. Les architectes tenaient à rester maîtres de la configuration architecturale de l’ensemble du projet. Par contre les décisions des habitants concernant la vie de voisinage ont contribué à différencier les espaces publics : ici une placette ronde, là un segment de rue dotée de nombreux locaux d’activités partagées en rez de chaussé, ailleurs un espace de transition entre la ville, le parking et le projet. Un mini-square planté fait la transition avec les jardins du quartier pavillonnaire environnant. Bien que ce projet urbain soit trois fois plus dense, ses immeubles ne sont pas visibles de l’extérieur à l’exception d’une façade d’entrée au bout d’un linéaire de parking extérieur. Le parking principal est au sous sol. A l’intérieur de l’opération le passage dit des portiques descend la pente du terrain par trois emmarchements successifs, d’une douzaine de marches chacun. Les immeubles de R+3 s’adaptent à la pente.

Au moment de localiser leur logement dans le plan d’ensemble, les habitants ne choisissent pas seulement leurs futurs voisins mais aussi un style d’urbanité allant de la participation active à la tranquillité distante. Il faut de tout pour composer un quartier. Le 3 mars 1984 une visite du projet rebaptisé « Orsay-Les-Sablons » est organisée par le MHGA sur le thème du rapport des groupes avec le mouvement.

Les locaux de voisinage

Les habitants réunis en ateliers ont étudié les plans de leur futur appartement, en réfléchissant à ce qu’ils aimeraient y trouver et à la façon dont ils aimeraient y vivre. Ils ont alors pris conscience que certaines de leurs activités pouvaient sortir du logement, soit parce qu’elles demandent trop de place et peuvent gêner les autres, soit parce qu’il serait plus agréable de les partager avec d’autres personnes. A l’échelle de 6 à 10 familles de nombreuses activités gagneraient à être faites à plusieurs dans un local commun de taille modeste. Ont été successivement évoquées un atelier de mécanique, un local vélos, une halte-garderie pour les plus petits enfants, des salles de jeux pour les plus grands, et pour les adultes des ateliers de menuiserie, de poterie, un labo photo. Pour que plusieurs activités puissent avoir lieu dans un même local, celui-ci doit être polyvalent. On peut très bien pratiquer le yoga dans une salle de réunion. La discussion consiste à départager les équipements qui relèvent de la municipalité et ceux qui concernent la vie de voisinage aux deux échelles de l’îlot et du groupe de logement. Il fallait éviter de créer un équipement qui fasse double usage avec les équipements existant ou à créer dans le quartier environnant ; il existait déjà un gymnase mais pas de terrain de basket. Celui-ci a finalement été aménagé sur le toit d’un parking à l’entrée de l’îlot. Pas question non plus de faire concurrence à la bibliothèque municipale : un simple réseau d’échanges et de mise en commun des livres que l’on garde chez soi après les avoir lus. Pour le labo photo, ce sont des habitants qui mettraient en commun leur matériel dans un local adapté. La création d’une ou deux chambres d’hôte à disposition des habitants qui reçoivent un ami ou de la famille a été envisagée, sans pour autant créer un véritable hôtel. Leur ont été finalement préférés l’entre aide et le prêt de chambre entre habitants.

L’implantation des locaux de voisinage dans le plan masse a suivi, à peu de différences près, celle des habitants qui s’étaient portés volontaires pour en assumer la responsabilité, tout au moins au stade de leur lancement. Les trois principaux groupes d’habitants constitués au fil des ateliers se distribuent les activités de voisinage. Le groupe Ouest habite le long de la ligne de RER .Y sont en principe prévus l’atelier de mécanique, une salle pour les adolescents dont les mobylettes longeraient la ligne de RER, un atelier peinture partiellement utilisé à titre personnel par un artiste peintre, un atelier de menuiserie et un local vélos (stationnement et atelier de réparation). Dans la partie Nord-Est du projet, autour de la place carrée, deux salles communes sont prévues, l’une pour les enfants d’une dizaine d’années, l’autre pour des réunions d’adultes. Une famille s’installe à l’entrée Nord de la place-rue centrale qui mène à la placette demi circulaire, au Sud . Elle souhaite animer l’atelier menuiserie. Le groupe de la partie Centre Sud du projet qui s’enroule autour de la placette en demi-cercle, demande un espace de rencontre divisible en deux parties permettant une fréquentation simultanée des jeunes enfants et de leurs parents. D’autres habitants souhaitent que l’architecte crée un lien entre les plots organisés en demi-cercle dont les habitants souhaitent partager une même buanderie ; Une passerelle sera intégrée au projet architectural. La réunion du 19 Novembre se conclue par une discussion à propos de ce que certains appellent une salle des fêtes ( surboums et mariages) et que d’autres imaginent être une grande salle de réunion ouverte au quartier. Cette dernière serait implantée à l’entrée Est de l’îlot face au parking extérieur. Une autre, plus bruyante, serait placée à l’extrêmité de l’immeuble limitrophe de la placette Sud en demi cercle. En réalité cette salle, l’un des deux seuls locaux réalisés en définitive, est aveugle sur trois côtés. Le quatrième côté est la plupart du temps fermé par un volet métallique. La liste des locaux demandés totalise 290 m2.

En définitive le maître d’ouvrage réalisera deux espaces de voisinage, l’un destiné aux réunions associatives et à certaines activités en salle, l’autre destiné aux activités mécaniques situé à proximité du parking, soit environ 120 m2 financés au titre de locaux collectifs résidentiels, à raison du double de la surface préconisée par la loi Chalandon ( 0,75 m2 x 80 logements x 2) : Un exploit …malgré une part équivalente de renoncements.

Le point de vue de l’architecte

L’architecte, Olivier Dugas, avait été choisi par la Municipalité dès les premières études de faisabilité du projet des Planches. Olivier Dugas avait été chargé d’évaluer les potentialités foncières du site et du cadastre. Yves Delagausie missionné par la municipalité pour ouvrir un atelier d’habitants avait cru bon de préconiser, auprès de la mairie, l’intervention d’un architecte rencontré au MHGA; Le dialogue entre Yves et Olivier étant devenu conflictuel d’entrée de jeu, Yves m’avait demandé de prendre l’atelier des habitants d’Orsay en main : Je connaissais Olivier Dugas qui avait l’expérience de plusieurs projets participatifs à Sèvres. Son diplôme d’architecte traitait du logement, ce qui en 1966 était perçu comme étant une provocation : Une personnalité académique, Maître Zavaroni, très influente à l’école nationale des beaux arts dans les années soixante, avait refusé de participer au jury de diplôme sur un sujet qu’il ne jugeait pas digne de l’enseignement de l’architecture. Olivier était l’un des deux premiers étudiants a vouloir aborder la question du logement, si incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui. Le Directeur de l’école des beaux arts avait été appelé dans le jury pour témoigner, le cas échéant, du sérieux des études faites par Olivier. Le projet consistait à réaliser des grands plateaux équipés où un système de cloisons démontables permettait d’adapter les logements aux différentes demandes des habitants. Par la suite ce projet avait été exposé dans les écoles d’architecture de Zurich et de Delphes. Il faudra attendre les années quatre vingt pour constater que les systèmes constructifs flexibles, réalisés le plus souvent en acier et produits industriels étaient trop sophistiqués pour résister aux mauvais usage qu’en faisaient les habitants. « C’était donner une ferrari à un conducteur normal ; La belle mécanique se plante au premier virage ». Les immeubles résidentiels réalisés en high-tech par Marcel Lods ont connu de sévères disfonctionnements. L’architecte Lods a convaincu le jury d’attribuer le diplôme à Olivier qui, quelque temps plus tard, fit ses premières armes avec un sujet dont il était partie prenante : Il s’agissait de concevoir un groupe de quatorze logements à Ville d’Avray avec les habitants comme maîtres d’ouvrage. Il était l’un des candidats au logement.

Au début des années soixante dix, la municipalité de Sèvres lui demande d’élaborer un projet de relogement du fameux squat de la rue des caves , le plus grand squat de la région parisienne à l’époque avec quatre cents personnes occupant le site d’anciennes carrières taillées dans une colline dominant la ville. De 1975 à 1998, avec le Directeur de la société Emmaüs puis avec la société Logirep , Olivier réalise trois immeubles pour une population délibérément marginale composée en partie de jeunes musiciens, une population qui se réduira au fil des études architecturales et au fil des divorces à une quarantaine de personnes. Ne sont essentiellement restées que les femmes y élevant leurs enfants tout en militant dans des mouvements féministes. « Les premières exigences des squatters ne manquaient pas d’originalité ; Pour que les futurs habitants continuent à vivre ensemble, le groupe ne voulait qu’un bloc sanitaire pour tous, situé dans l’entrée de l’immeuble, une sorte de passage obligé. Une seule cuisine pour continuer à prendre les repas en collectif ».

A Orsay les délais de réalisation ont été plus courts qu’à Chambéry bien que l’atelier des habitants ait été ouvert avant même que la maîtrise foncière ne soit totalement assurée. Mais beaucoup d’imprévus institutionnels sont venus contrarier le processus participatif. Avant d’en tirer des conclusions il importe de prêter attention aux propos tenus par l’architecte, trente ans après l’époque de la conception architecturale:

« Quatre découpages majeurs ont orienté le projet de logements locatifs à loyers modérés d’Orsay. Comme tout projet d’envergure celui-ci prend sa source dans une restructuration urbanistique. Le conseil municipal a joué un rôle majeur tout au long du projet. Son rôle politique est essentiel dans le regroupement des parcelles, leur constructibilité et la définition des espaces publics. A Orsay une péréquation a été faite entre les terrains municipaux et les terrains privés acquis pour l’opération. La municipalité à élaborer un plan d’ensemble à partir des terrains limitrophes. Il s’agissait d’élaborer à partir de ce projet le germe d’une nouvelle centralité pour la ville d’Orsay Compte tenu du coût des terrains la densité a été celle d’un centre de ville moyenne. La municipalité a obligé l’Etat à assurer par le truchement de la DDE la garantie de bonne fin d’un projet destiné à loger la population locale travaillant à Orsay. Le second découpage a induit une pratique inhabituelle nécessitant :

– un maître d’ouvrage consentant,

– une étude sociologique poussée des candidats au logement et une analyse des fiches standard qui ont été révélatrices des difficultés rencontrées par une population à faible revenu.

– un groupe de pilotage

– une aide et un suivi du Plan Construction et Architecture

– Les disponibilités des candidats au logement appelés à se réunir après leurs journées de travail,

– des allers et retours permanents entre les dessins des architectes et les futurs habitants.

Le troisième découpage a consisté à définir de plus en plus précisément le projet au fur et à mesure de son avancement.
Le programme comportait les données suivantes :

– un coefficient d’occupation du sol de 1,2,

– un épannelage bas allant de R+2 à R+3.

– l’obligation de respecter un parcellaire qui a évolué en cours d’étude tout en assurant la cohérence du projet,

– des logements PLA dont le nombre a fluctué de 60 à 100 logements.

– un délai de six mois d’études.

Le travail des architectes en coopération avec les différents intervenants à produit les résultats suivant :

– un plan d’ensemble permettant de passer d’une organisation sur 7000 m2 ( Phase N°1) à une organisation sur plus de 15 000 m2 (phases ultérieures),

– un plan programme incluant 1500m2 de bureaux, 400 m2 d’équipements résidentiels pour les résidents des 83 logements à construire , des plans personnalisés avec trente familles ,

– 400 m2 d’équipements de proximité comprenant des ateliers d’artistes, une salle de réunion, des ateliers de menuiserie de réparation de vélos et de mobylettes, un club photos , une halte – garderie…

Le quatrième découpage concerne plus spécifiquement l’architecture. Le travail des architectes est issu d’une histoire et d’une formation. L’œuvre qu’ils réalisent s’inscrit dans une problématique artistique. Les habitants ont admis que le projet architectural se situerait dans une conception contemporaine dont les références sont liées à la quotidienneté et à un ordre plus monumental, concernant notamment les espaces publics, leurs articulations axiales et leurs effets de perspective. Sur la base d’une morphologie traditionnelle les architectes ont dessiné une suite d’espaces spécifiques permettant aux habitants de se situer dans un paysage urbain global. Ce projet contemporain associe des configurations classiques ( rue, place) avec des configurations modernes ( plans libres) . Autour de ces lieux et en fonction de leur usage dans la vie quotidienne ont été dessiné des groupes de logements puis des logements.

Notre typologie est à mi-chemin des bâtiments collectifs et des bâtiments individuels. La pente du terrain descendant vers le Sud permet un excellent ensoleillement malgré la densité des rues. Les menuiseries sont en bois pour apporter une note chaleureuse. Les murs relativement peu percés calme une composition d’ensemble basée sur une succession de grandes baies vitrées et de serres. En toiture alternent les surfaces de zinc et les terrasses. La modénature renvoie autant à l’architecture pavillonnaire d’Ile de France qu’à l’architecture scandinave contemporaine. L’architecture des espaces publics et plus ordonnancée avec des portiques, des arcs, des alignements de percements. La relation avec les habitants et avec la municipalité a donné à cette opération la complexité caractéristique de l’architecture urbaine. Le concept de façade épaisse a permis d’exprimer une variété de relations entre les espaces intérieurs et les espaces extérieurs. Sa double épaisseur a des vertus thermiques. Chaque logement a pu être analysé par leurs habitants tant du point de vue fonctionnel qu’esthétique ».

Qu’en pense Olivier Dugas interviewé en 2012, avec un recul de trente années ?

Il se remémore qu’une fois la mission de programmation achevée et l’atelier des habitants fermé, le projet a connu un rebondissement malencontreux. Le Préfet refusa d’ajouter son contingent de candidats à celui de la mairie . Seuls 13 logements sont en définitive attribués à la trentaine de familles qui ont participé aux travaux de programmation. L’interlocuteur du Plan Construction et Architecture qui a attribué une subvention à l’architecte se retourne contre l’équipe d’Habitat groupé Conseil pour lui reprocher d’avoir sélectionner des candidatures peu fiables. Or la question n’était pas là. C’est le nombre de logements participatifs qui a fondu sur ordre du préfet. Celui-ci avait une argumentation imparable : « J’ai des gens à loger d’urgence. Vos problèmes d’intellectuels ne me concernent pas. Je n’ai reçu aucune instruction du Ministère de l’Equipement et du Logement ».Effectivement le PUCA, bras expérimental du Ministère du logement, qui pourtant subventionnait le projet, n’était intervenu en faveur de l’insertion diffuse des locaux de voisinage ni en faveur d’une intégration des habitants ayant participé à la programmation au programme de logements. Chacun ses responsabilités.

O.Dugas estime qu’aujourd’hui pour mener à bien un projet d’habitat social participatif, « Il faudrait adapter et articuler trois modes de gouvernance : La gouvernance politique à savoir le pilotage municipal ; La gouvernance financière à savoir les dispositifs de crédits et d’aides ; La gouvernance sociale à savoir les modes d’attribution des logements .Il faudrait que le choix des candidats au logement se fasse en amont du projet architectural et pas à la fin du chantier. En attendant de mettre en place de telles procédures, la bonne fin d’un projet participatif nécessite un minimum de dérèglementation à titre expérimental ».

Calendrier 

Les 14 et 15 Octobre 1978 la municipalité d’Orsay accueille les journées nationales du Mouvement de l’Habitat Groupé Autogéré. Le journal Libération publie un article à cette occasion : « L’autogestion du civisme bien compris : Une quarantaine de groupes pour l’habitat autogéré se sont réunis à Orsay pour confronter leurs expériences d’aménagement de la vie en commun ».

Février -Mai 1980 : campagne d’information

21/2/80 : Matin , marché de la ZUP Chambéry le Haut 20h30 Centre social de la Clairière

22/2/80 20h30 : MJC de Montmélian

23/2 8-12h : Marché Central

28/2 Marché Ch. Le Haut 17h : Centre des Bruyères 20h30 Centre socio-Culturel Ch Le Haut.

20/2 17h : Syndicat des artisans 20h30 Mairie.

25/4/80 : 8-12h :Marché de la mairie

27/4 Marché Mondétour

29/4 : Centre d’animation de la Bouvèche

4/5 Marché Mondétour

8/5 : La Bouvèche

9/5 : Marché de la Mairie apm : Maison pour tous

5/5 Mairie d’Orsay.

6 juin : visite du terrain avec les candidats au logement.

13 Juin : rencontre avec les architectes Olivier DUGAS et Van BELLINGHEN

25 Septembre : ouverture de l’atelier des habitants Les ateliers

4 séances en Juin reprise le 16 Sept.

Déroulement de l’atelier des habitants à Orsay

Le 27/9/80 Construction d’abris sur le site.

2 Octobre : critique du logement actuel ; première discussion sur l’ouverture au quartier et l’usage de locaux de voisinage.

7 Octobre : formalisation des groupes de voisinage.

9 Octobre : Calcul des aides personnalisées au logement ; surfaces souhaitées par chaque famille candidate ; projection de diapositives concernant quelques réalisations récentes d’habitat groupé autogéré et quelques réalisations d’immeubles contemporains en ville nouvelle.

16 Octobre : étude des activités à l’intérieur d’un logement et de leurs interrelations ( schéma-bulle)

19 Octobre : Dessin du portrait-paysage individuel et réalisation collective d’abris sur le site ; premières esquisses de plan masse.

30 Octobre : Les locaux de voisinage,

6 Novembre : réunion en mairie pur la définition des locaux de voisinage .

L’atelier s’est déroulé en12 séances jusqu’à la fin Novembre, soit une par semaine ; Les maquettes du projet sont présentée par les architectes en Décembre .

23 Octobre :projection sur des ambiances intérieures au logement ; Le rapport du logement aux quatre éléments primordiaux : la terre, l’eau, l’air, le feu et la lumière ; préférences individuelles.

25 Octobre : visite de deux réalisations d’habitat groupé autogéré, à Saulx les Chartreux ,aux Jardies et à Meudon-le Val.

30 Octobre : Présentation d’une première maquette de plan masse par les architectes suivie d’un débat. Un petit groupe d’habitants esquisse un plan masse avec de la pâte à modeler. Des petits plots ponctuent les limites du terrain et créent des cours d’îlots. Premier débat sur les micro-équipements intégrés au projet.

6 Novembre : présentation collective des plans programmes et corrections individuelles ; Listing des locaux de voisinage et micro-équipements intégrés. Rédaction d’une lettre collective adressée à la Direction Départementale de l’Equipement.

13 Novembre : Présentation du plan masse modifié et discussion collective ; Définition des ambiances différentiées des espaces extérieurs .

19 Novembre : Chaque famille se positionne dans le plan masse ( échelle 1cm/mètre) et formation des groupes de voisinage ; Dimensionnement et implantation des locaux de voisinage.

26 Novembre 1980 : remise du compte rendu du travail de l’atelier aux architectes.

Septembre 1980 : La programmation du projet présentée dans le N°1 du journal des Planches. Avril

1981 :Présentation du projet dans le Journal des Planches N°2.

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