L’habitat évolutif en ville nouvelle

 

Au Printemps 1976 l’Établissement Public d’Aménagement de CERGY-PONTOISE met en concours 2500 maisons de ville sur le plateau de Jouy le Moutier. L’établissement public demande aux équipes d’architectes et à leurs maîtres d’ouvrage associés de proposer une architecture urbaine organisée autour de rues, d’allées piétonnes, de places s’inspirant de la morphologie des maisons et des fermes des villages du Vexin français (une morphologie caractérisée par des toits en pente entre 35 et 45 degrés et des jardins entourés de hauts murs). Les parcelles encloses varient de 100 à 400 m2 chacune. Pour éviter l’aspect anonyme des grands ensembles, Bertrand Warnier , l’urbaniste de l’EPA qui a rédigé le programme du concours, demande aux concepteurs de prévoir que chaque maison puisse être agrandie de la moitié de sa surface de départ, et ceci, à l’initiative des propriétaires, dans le cadre des préconisations architecturales définies dans le P.A.Z. Une quinzaine d’équipes de concepteurs ont été retenues pour la réalisation du quartier, ce qui génère une diversité architecturale de base à laquelle viendra s’ajouter la diversité des extensions dues aux habitants. Les habitants arrivent à partir de 1979 dans les premières opérations achevées. La majorité de cette population de propriétaires bénéficie de prêts sociaux ( HLM. PAP) et se compose de couples de 30 à 35 ans, avec, en moyenne, deux enfants par ménage. Un architecte -animateur, Roger Biriotti, est chargé d’accompagner les premiers habitants qui souhaitent réaliser des extensions. Sa mission s’étend sur une durée de quatre années. La première intervention consiste à informer les habitants de la possibilité inédite qui leur est donnée par l’aménageur, celle d’augmenter la surface habitable de leur logement de la moitié de la surface habitable dont ils sont propriétaires.

En Avril 1980 R.Biriotti édite le premier numéro d’une revue appelée «  Habiter l’Hautil », un numéro format journal, constitué de deux double pages recto-verso .Quatre opérations participatives réalisées dans le nouveau quartier y sont présentées L’information éditée dans un journal des habitants commence par une présentation des principales caractéristiques du nouveau quartier et de son architecture conçus pour renouer avec la tradition des villages du Vexin. Dans les villages de l’arrière pays les maisons en pierre et les bâtiments de ferme s’alignent en continu le long de la grand rue et en limite des places de la Mairie et de l’église. Le charme de ces villages attire les parisiens qui y ont acheté leur résidence secondaire. La revue « Habiter l’Hautil » fournit un plan d’ensemble du quartier avec les noms des îlots qui le composent. Dans ce numéro, le maire de Jouy le Moutier, Daniel Laisné, issu d’une famille de cultivateur et cultivateur lui-même écrit : «Souhaitons à Roger Biriotti de retenir l’attention de tous pour que, par ses conseils, ses suggestions et ses exemples, il puisse éviter que ce quartier de Jouy le Haut ne prenne d’ici une vingtaine d’années, l’aspect d’une banlieue parisienne de la plus mauvaise époque où l’anarchie cède la place au disparate du plus mauvais goût ». L’EPA énumère les avantages d’une action concertée : « Déjà le problème des extensions s’est posé : un habitant désire construire une extension du séjour s’est adressé à nous. Un autre a déjà construit une extension à son garage sans demande préalable de permis de construire ( pourtant obligatoire). Il doit maintenant la refaire pour respecter les servitudes du cahier des charges qui lui a été remis par le maître d’ouvrage. Il ne faut pas non plus que les jardins deviennent des lieux de stockage : un autre habitant y a rangé sa caravane et son bateau, ce qui provoque des nuisances visuelles pour ses voisins. Aux Vaux labours le séjour a une hauteur de 5 mètres sous plafond ce qui permet de réaliser une mezzanine. Aux Bourseaux, une cave spacieuse, à demi enterrée, peut être cloisonnée en plusieurs pièces. Dans un projet de dix ateliers d’artisans, l’architecte a prévu d’aménager une mezzanine ou un logement dans l’atelier…Une des premières actions engagées par l’habitant est la construction d’une clôture qui règle la question de la mitoyenneté…Ces clôtures participent de l’environnement et doivent tenir compte du paysage général de l’îlot…Les pépiniéristes de la région vendent des produits chers et fragiles parce qu’inadaptés à la nature des sols. Il importe de leur conseiller des essences locales plus vivants : bouleaux, érables, marronniers ou autre feuillus… ». L’EPA a établi un plan des couleurs qu’ont respecté les architectes. Il s’agit de convaincre les habitants d’en faire de même.

Au delà des déclarations d’intention, l’architecte-animateur, Roger Biriotti, prend vite acte des particularités du terrain. Il constate que, dans certaines opérations, les maîtres d’ouvrage n’ont intégré des possibilités d’extension que dans une partie de leur programme. La première tranche de travaux se devait de respecter le cahier des charges et les plans remis au stade du concours. Au nom de l’économie, les tranches suivantes ne furent pas aussi respectueuses. C’est notamment le cas des extensions dans les combles : Les possibilités d’extension nécessitent des charpentes plus onéreuses que les fermettes industrielles qui leur succédèrent et qui présentent le désavantage d’occuper tout le volume des sous-toitures, empêchant ainsi toute appropriation ultérieure : Selon R.Biriotti « Beaucoup d’espaces aménageables ont disparu lors des négociations entre promoteurs et entreprises. Un architecte qui avait prévu des extensions dans les combles m’a rapporté le fait que son promoteur a supprimé les combles aménageables pour construire deux maisons supplémentaires et rentabiliser son opération».

Roger Biriotti se heurte à un autre obstacle inattendu : « Les vendeurs n’ont pas tiré parti des potentialités d’extension de sorte que les acheteurs les ignorent et ne savent pas que l’aspect de leur environnement immédiat peut changer. Les associations syndicales de co-propriétaires ont tendance à figer l’image de leur quartier et à s’opposer à toute modification du patrimoine. Paradoxalement, elles n’encouragent pas leurs adhérents à entreprendre des extensions ».

Et pourtant… une directive datant d’Avril 1976 émanant du Ministère de la Construction et envoyée à tous les préfets stipule que : « Les contraintes règlementaires telles que les règlements de copropriété s’opposent à une réelle liberté d’usage de l’espace privé. Elles devraient être réduites le plus possibles…Le droit de l’usager à transformer son habitat devrait porter sur des éléments très divers : traitements de façades, percement de nouvelles baies, construction des auvents, marquise, sas d’entrée, vérandas vitrées, modification de la toiture par aménagement des combes. Les transformations sont rendues impossibles dans de très nombreuses opérations par des règlements trop contraignants… ». Roger Biriotti a rencontré tous les architectes qui ont conçu le quartier pour les interroger sur les différentes formes d’extension qu’ils avaient proposées. La philosophie des uns et des autres varie du tout au tout. Certains estiment avoir fait un effort esthétique suffisant pour refuser d’être victimes des interventions sauvages de certains habitants. Cela les choquerait de passer dans le quartier dans quelques années pour y déplorer « un sabotage architectural dû à la prolifération des lucarnes en chien assis, des cabanons ou des clôtures hétéroclites ». D’autres, à l’inverse, se refusent à contrôler en quoique ce soit les interventions ultérieures des habitants. Les habitants doivent être informés de l’attitude de l’architecte qui a conçu sa maison.

En Janvier 1981 sous le même intitulé « Habiter l’Hautil » Roger Biriotti édite et diffuse une brochure de 51 pages est diffusée auprès des habitants de Jouy le Haut. Bertrand Warnier, urbaniste du quartier au sein de l’EPA y développe ses intentions concernant Jouy le Haut : « A vous de choisir si vous voulez persévérer dans l’isolement (de la maison individuelle) et renforcer l’opacité des limites par de nouvelles clôtures, des pergolas, des arbustes et des buissons…ou si vous voulez élargir votre horizon en faisant partie commune avec vos voisins de manière à disposer, en groupe, d’un plus grand espace et d’une vue plus dégagée ».

Des décennies plus tard, la réponse est décevante autant qu’évidente : La quasi totalité des pavillons qui bordent les espaces verts intégrés au quartier ont planté des haies de grande hauteur qui les coupent de toute vue et de toute communication entre l’espace privé et l’espace public. Le sentiment de propriété s’avère indissociable d’une quête de l’insularité. Concernent les extensions, la brochure enfonce le clou : « Sur le plateau de l’Hautil chaque habitant a la possibilité d’agrandir sa maison jusqu’à 50% de la surface de la maison. Dans l’esprit de l’Etablissement Public d’Aménagement de la ville nouvelle, initiateur de cette idée, cette possibilité originale offerte aux habitants devrait leur permettre de personnaliser leur quartier, en agrandissant leur maison, en modifiant leur clôture, en créant leur jardin. Toutefois, un plan d’aménagement de la Zone ( P.A.Z.) et le cahier des charges de chaque îlot réglementent les conditions de copropriété ».

La démarche pédagogique se poursuit par « Le processus de fabrication d’une maison », le talutage et les plantations du jardin, l’amélioration des sols pour la culture potagère, un listing des arbustes caducs et persistants, des plantes tapissantes et grimpantes, enfin du paysagement du jardin, le dépôt d’un permis de construire en vue d’une extension, un panorama des matériaux de gros-œuvre, en maçonnerie et en ossature bois. La brochure donne quelques exemples d’extension réalisés aux Jouannes, l’une des premières opérations du quartier. La brochure éditée à 3000 exemplaires, se conclut par une présentation de l’ Association, L’AME ( Association Maisons Espaces) par les habitants de l’Hautil, créée en Novembre 1980à l’initiative de Roger Biriotti «  Notre architecte animateur ». Deux habitants du quartier, un architecte et un fils d’architecte en assurent la présidence.

En Septembre 1981 une brochure de 67 pages intitulée « Energies renouvelables à Cergy-Pontoise », est produite par le groupe ESPACE-LIBRE qui regroupe plusieurs créateurs locaux et européens. Co-financée par l’EPA et le Secrétariat central des Villes Nouvelles, cette brochure, éditée à 5000 exemplaires s’inscrit dans l’action menée par Roger Biriotti à Jouy le Haut, mais elle s’adresse à tous les habitants de Cergy-Pontoise. L’objectif recherché est l’amélioration des qualités écologiques de l’habitat, notamment par le recours au chauffage solaire, au recyclage de l’eau, des ordures ménagères et des matériaux. On trouve dans cette brochure la rose des vents de Cergy-Pontoise, les notions de base de l’isolation des bâtiments, les types de capteurs solaires, le principe de la géothermie, l’utilisation de la biomasse. Les premières réalisations écologiques de la ville Nouvelle sont présentées : La maison Franjus, les maisons bioclimatiques des Cochevis, Les Chemins du Soleil à Cergy Saint Christophe, l’opération Cascade à Eragny et le Jardin Ecologique mis en place à Cergy-Sud par Dominique Juglar, le paysagiste de l’EPA.

En Janvier 1982 une autre brochure de 63 pages éditées par l’association A.M.E., traite de l’art des clôtures. Cette brochure très abondamment illustrée comporte de nombreux témoignages d’habitants. On passe du manuel de type « Comment construire des haies » à l’art topiaire et aux incrustations de mosaïques et de coquillages dans les murs en maçonnerie. Des exemples de claustras, de clôtures ajourées en béton, de grilles métalliques, de clôtures en bois « scandinaves » déploient un nombre incroyable de possibilités.

En Octobre 1984, grâce à une petite subvention du Plan Construction et Architecture (Ministère de l’Equipement), Roger Biriotti fait un bilan de l’action menée à Jouy le Moutier. Les premiers travaux entrepris par les habitants concernent la sécurité : clôtures, volets. L’amélioration des espaces intérieurs existants (installation d’une cheminée) vient en second ainsi que les plantations dans le jardin.

On a déjà vu que parmi les principaux freins à l’appropriation des combles figurent les charpentes en fermes industrielles. S’y ajoute la contradiction entre les pentes de toit fixées à 45°dans le PAZ et les toits moins pentus des vérandas préfabriquées, à monter soi-même.

La plupart des maisons de ville sont achetées à crédit par une majorité de jeunes couples . Au tout début des années quatre vingt il est encore trop tôt pour que les habitants investissent dans des extensions. Pourtant, de 1981 à 1984, ont déjà été réalisées à Jouy le Haut :

12 extensions accolées (extension du séjour ou chambre supplémentaire) ;

23 vérandas ; 41 combles aménagés ; 10 agrandissements du garage ; 12 abris de jardin, celliers ou appentis ; Pas d’agrandissements dus à une activité professionnelle intégrée à l’habitat. Par contre les garages sont transformés en atelier ou en chambre supplémentaire. La voiture couche dans la rue. Une tendance qui n’a fait que s ‘amplifier par la suite.

Une extension intrigante : le creusement sous le garage .. .

Ce qui frappe dans les extensions externes, c’est le recours à la maçonnerie plutôt qu’a l’ossature bois. Aujourd’hui le choix du matériau de gros œuvre pencherait sans doute plus en faveur du bois…

Autre obstacle à la construction d’extensions : les procès de voisinage dus aux contradictions entre les directives de l’EPA et les cahiers des charges particuliers à chaque opération.

Les associations syndicales de copropriété étaient trop préoccupées par les urgences auxquelles chacun est confronté au moment de son emménagement: Comment remédier aux défauts éventuels de construction ? Quelles sont les charges de chauffage, de voirie, d’éclairage ? …Au delà d’une approbation de principe, les associations syndicales n’étaient pas vraiment disponibles pour aborder la question des extensions. Les nombreuses réunions qu’avait organisé l’architecte animateur avec elles n’ont donné aucun résultat tangible. Au niveau individuel l’habitant n’avait pas non plus la disponibilité pour se confronter à un partenariat complexe avec les associations syndicales, l’EPA, et la commune. La plupart des propriétaires hésitaient à entreprendre des travaux relativement coûteux, seulement trois ans après l’achat de leur maison. Force est de constater que le pavillon n’est pas seulement un logement ; Il se réfère à toute une culture de l’individualisme : Ma maison, mon chien, mon jardin, ma clôture, mes droits…

Trente ans après l’intervention de l’architecte – animateur, Il est difficile d’identifier les extensions réalisées dans le quartier des maisons de ville du quartier de Jouy le Haut. Comment expliquer un tel manque de visibilité ? L’un des administrateurs de l’Association AME répondait déja en partie à cette question : « Il est intéressant de constater que les améliorations, les extensions, les aménagements qu’apportent les habitants des Bourseaux à leurs maisons, se font à l’intérieur de ces dernières, ce qui prouve au moins qu’il y a de la place. Une autre raison majeure est la suivante : Je les crois trop sensibles à la sauvegarde de leur environnement pour s’enhardir à en modifier les aspects extérieurs. Quand on a un environnement propre, soigné, agréable à voir de ses fenêtres, on réfléchit plus longuement avant de le modifier… Mais il faut aussi se dire qu’une extension extérieure bien concertée, bien conçue, bien réalisée peut être un apport pour le paysage existant. Si l’intégration est réussie personne ne s’en offusquera ». R.Biriotti regrette qu’aujourd’hui le quartier de Jouy le Haut ait perdu ses couleurs. Le nuancier du cahier des charges de l’E.P.A. préconisait une gamme de couleurs gaies et variées qui avait été respectée par les architectes. Trente ans après, les peintures et les ravalements réalisés par les habitants sont uniformément blancs. La guerre des portes menées dans le premier quartier de la préfecture en 1973 n’a pas encore été déclarée à Jouy le Haut.

En 1987, soit cinq années après l’action menée à Jouy le Haut, l’EPA était sollicité par les habitants de la résidence des clairières située à Cergy et habitée par des cadres. Plusieurs projets d’extension sont en cause : Il convient de mettre en œuvre une procédure de négociation pour désamorcer de fortes tensions au niveau du voisinage et de l’association syndicale. L’EPA fait appel à Roger Biriotti pour une mission de médiation. L’association syndicale des Clairières se prête au jeu. Elle réunit les co-propriétaires, le représentant de la SEDAF, le promoteur et Jean Pierre Watel un architecte réputé du Nord et auteur de la résidence. A l’issue de la négociation, R.Biriotti élabore un plan des zones susceptibles d’accueillir des extensions en évitant au maximum les ombres portées, les vues ou les promiscuités inopportunes. Lorsqu’il parcourt à nouveau le quartier , plus de trente ans après, il cherche en vain des extensions convaincantes. La végétation a envahi l’espace résidentiel. On y devine à peine quelques rares vérandas. Quelques petits appentis servant de débarras sont adossés ici ou là. Il est par contre frappé par un phénomène inattendu : de très nombreuses cheminées ont été accolées aux séjours. L’architecte avait installé des ventilations mécaniques dont le bon fonctionnement n’était en principe pas compatible avec celui les cheminées à foyer ouvert qu’il avait donc bannies de son architecture. De nombreux habitants prirent l’initiative de réaliser un coin cheminée dans leur salon. La présence du feu , la chaleur de l’âtre donnent une âme au foyer, n’en déplaise aux techniciens du bâtiment. Une énigme subsiste : pourquoi l’association des habitants avait-elle ressenti le besoin de statuer sur les extensions ? Deux hypothèses contradictoires viennent à l’esprit (Chacun sait que le désir ne peut être qu’attisé par la contradiction) : La préoccupation première de l’association était plus de se protéger des extensions sauvages que de favoriser leur développement. Au risque de dévaluation que celles-ci pouvaient constituer, l’Association envisageait, a contrario, un concept d’extension pouvant apporter une plus value à la résidence, avant même que toute extension ne soit réalisée .

En 1984, Nicolas Fiszer et Wittold Zandfos, deux des lauréats du concours d’architecture organisé en 1978 par l’Etablissement Public d’Aménagement préalablement à la construction du quartier Saint Christophe sur le thème des immeubles de ville, appellent à leur tour Roger Biriotti. Dans une opération de 200 logements conduite par CNH2000 , un des plus importants promoteurs privés de logements locatifs ( notamment du 1% patronal) les architectes ont intégré le concept d’ extension. 50% des logements sont locatifs, 50% sont en accession aidée. A partir de l’observation des espaces utiles rajoutés au fil du temps dans la maison individuelle populaire, les architectes ont voulu étendre ce concept à l’habitat collectif. Pour cela ils ont ménagé dans le prolongement du balcon de chaque logement, un volume vide d’environ dix mètres carrés au sol que les habitants pourront s’approprier librement en chambre, en salle de jeu, en bureau ou en lingerie. La possibilité de fermer ce « volume capable » est intégrée au règlement intérieur. Il est prévu que les locataires qui investiraient dans l’extension seraient indemnisés à leur départ, après évaluation des travaux exécutés. Roger Biriotti est chargé d’accompagner la mise en place des premières extensions. Pour cela il prend deux initiatives : installer une permanence dans un logement dont il occupe l’extension de façon démonstrative ; Contacter les travailleurs sociaux du quartier pour les sensibiliser à la problématique des extensions et leur demander de passer le message aux habitants au fur et à mesure de leur arrivée.

En 2000 l’opération est venue à un bailleur social qui réhabilite les immeubles à sa manière. Les espaces d’extension sont systématiquement fermés à l’identique et sans concertation. Peu à peu, les propriétaires vendent et la population change. Les extensions servent aujourd’hui de débarras ou de cellier.

Le principal enseignement de l’action menée en faveur des extensions à Cergy – Pontoise porte sur la gestion du temps. Dès la conception de la maison de ville l’architecte doit prévoir leur emplacement. Les vendeurs doivent intégrer les potentialités d’extension dans leur discours. La sensibilisation au caractère évolutif de l’habitat doit être intégré à l’action culturelle dans les quartiers. Un terrain favorable est ainsi préparé. Il serait préférable de patienter cinq à dix années avant de créer une mission de service public d’aide à l’extension peut déclencher et soutenir la dynamique attendue. Cette aide gagnerait à être intense mais de durée limitée quitte à être répétée quelques années plus tard . Son caractère événementiel permettrait qu’elle soit renouvelée après une dizaine d’année et éventuellement réitérée sous des formes différentes adaptées à l’évolution de la société. Aujourd’hui la question de la transition énergétique pourrait être combinée avec l’adjonction d’espaces tampons complémentaires.

Une autre thématique est en train de poindre, celle du Bimby : Build in my back-yard. L’heure est à la construction de la ville sur elle-même. Pour ralentir l’étalement urbain au détriment des campagnes péri-urbaines cultivées, les urbanistes doivent densifier la ville sur son territoire existant et se demandent comment densifier le tissu pavillonnaire autrement qu’en le détruisant. Pas question de conduire cette densification sans le consentement ni la coopération des propriétaires. Ce chantier attend la prochaine génération des professionnels de l’habitat. En 2014, après être sorti d’un groupe d’habitat autogéré en gestation laborieuse dans la région montpelliéraine, j’ai eu l’opportunité d’acheter une maison dont le parc avait été divisé en plusieurs parcelles à construire. Au moment d’emménager j’ai ainsi la chance de connaître mes futurs voisins avant même qu’ils ne construisent leur maison .

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