Le MHGA

 

La création du Mouvement de l’Habitat Groupé Autogéré

Les premières journées nationales de l’Habitat Groupé Autogéré sont organisées à Nantes ( Nantes Sainte Luce) les 12 et 13 Novembre 1977 à l’initiative de Charles Henri Arguillère et J.P.Husson. Charlie Arguillère enseigne l’architecture à l’Ecole d’Architecture de Nantes ; Il est architecte du groupe d’Alençon et a suivi la mise en place du projet de Nantes Sainte Luce. Ont participé à l’organisation des deux journées trois groupes qui ont été les maîtres d’ouvrage de leur habitat et dont les projets viennent d’être achevés (La Calaria à Toulouse, les Jardies à Meudon, le Hamel à Alençon). Avec Jacqueline Lorthiois je représente le groupe de la Hayette de Cergy-Pontoise. Un représentant du groupe en cours de réalisation à Louvain La Neuve, A.Constant, participe également aux journées. Deux architectes, Borderioux et Humbert Di Legge, présentent une opération participative menée avec le soutien de la Mairie de Brice les Courcelles ( Reims). Les rencontres ont eu lieu en partie à l’hôtel de ville de Nantes (Me Arguillère est adjointe à l’urbanisme) et en partie autour d’une grillade de sardines dans le jardin du groupe de Sainte Luce. L’objectif des participants, une centaine environ, est de donner une visibilité à des initiatives dispersées sur tout le territoire français et de partager une expérience qui pourrait être utile aux groupes en formation. Chaque groupe de coordination applique les règles de fonctionnement qui ont été énoncées ci-dessus pour les groupes d’habitants : distribution et rotation des tâches et des responsabilités, équilibre des décisions de groupe et des initiatives individuelles.

A cette occasion, une charte du mouvement était rédigée à partir de la charte des Jardies, le premier groupe de Meudon (Par la suite, deux autres projets d’habitat groupé autogéré seront réalisés à Meudon). La première condition d’appartenance d’un groupe au Mouvement de l’habitat groupé autogéré était que celui-ci soit le promoteur de son habitat. La deuxième condition était que le projet prévoit l’intégration de locaux d’activités partagées, sur environ 15% de la totalité de la surface privative. Afin d’éviter une quelconque main mise des professionnels du bâtiment sur le Mouvement, le nombre des architectes ou autres « spécialistes » ne devait pas dépasser un tiers du Conseil d’Administration du Mouvement. « Les groupes d’habitat autogéré se signalent avant tout par la primauté du groupe au cours du processus de construction et d’habitation. Cette primauté constitue à elle seule un renversement des pouvoirs habituels et justifie le terme d’autogestion. Ce sont les habitants qui se co-optent, se constituent en association, qui définissent le programme puis le projet en collaboration avec l’architecte, et qui prennent en charge les opérations administratives, juridiques et financières, et enfin qui gèrent l’habitat qu’ils occupent. » Philippe Bonnin.

18/19 Février 1978 : Première rencontre régionale de Cergy-Pontoise à la maison de quartier des Touleuses

Une rencontre en Ile-de-France est organisée à l’initiative et dans les locaux des Ateliers Communautaires de Cergy-Pontoise. 120 personnes participent à cette rencontre. Deux groupes avaient, alors, le projet de s’installer en Ville Nouvelle : « Habitat Prémédité » à Jouy le Moutier et « Cergy-Puiseux » qui, faute d’obtenir un permis de construire sur les coteaux de Cergy décrétés inconstructibles par L’Etablissement Public, a finalement construit aux Vignes Blanches, également à Jouy le Moutier, à l’extrémité Est du boulevard du Vast alors que le groupe de la Hayette s’installait à l’extrémité Ouest de ce même boulevard. Compte rendu dans le N°16 de la revue des habitants de la ville nouvelle : « A propos ».

Eté 1978 : L’année du tour de France du MHGA

En 1978. Durant l’été de cette même année, et faute de retours substantiels en provenance des groupes Yves Delagausie organise un tour de France de l’habitat Groupé Autogéré qui passe par Alençon, Autry, Nantes, Saint Nazaire ( La bosse), Saint Malo, Betton à Rennes, Angers, La Rochelle, Poitiers (La Soléane) Bordeaux, Agen, Toulouse ( La Calaria ), Tarbes, Simiane, Cannes,Corbères, Nyons, Grenoble (Meylan), Lyon, Dijon, Besançon, Strasbourg, Metz, L’Ile d’Abeau, Marcoussis, Reims… La taille des groupes varie en moyenne de 6 à 10 familles, à l’exception du groupe de Palaiseau qui associe trois groupes sur un même site. De nombreux groupes se sont constitués sans éprouver le besoin de signaler leur existence au Mouvement. Dix sept groupes étaient en projet ou en cours de réalisation en Région parisienne. On estime à une centaine le nombre de groupes réalisés entre la fin des années soixante dix et le milieu des années quatre vingt, en France.

14-15 octobre1978 : Deuxième journées nationales d’Orsay

En début d’après midi les groupes se présentent : Le groupe de Meudon, les Jardies, qui totalise 10 logements ; Le groupe de sainte Luce en recherche d’un terrain ; Deux groupes à Poitiers : l’une de cinq familles en quête de terrain proche de la ZUP où elles habitant en appartements, l’autre d’une dizaine d’adultes souhaitent construire une grande maison solaire où vivre ensemble. Le groupe de la Calaria dans la banlieue de Toulouse, à la Croix Falgarde; un groupe de 13 familles à Louvain la Neuve ; La société d’HLM l’Effort Rémois lance un appel à une soixantaine de candidats à l’accession pour réaliser un projet dans le cadre de la ZAC de Brice les Courcelles. Trois groupes en formation cherchent des terrains à Puteaux, Cergy et Vauciennes. J.Lorthiois se propose de transcrire les12 heures d’enregistrement des journées d’Orsay.

21/12/78 : Yves Delagausie projette d’ouvrir un atelier d’habitants en coopération avec l’architecte Jacques Bon.

16 /01/79 : Réunion du Conseil d’administration à Puteaux

Discussion à propos d’une note de huit points sur l’organisation du MHGA notamment sur deux points essentiels :

– Le dédoublement de la direction du mouvement en créant une coordination nationale jouant un rôle de noyau actif alors que le Conseil d’administration prends les grandes décisions stratégiques. D’un coté le Conseil d’administration qui ne se réunit qu’une ou deux fois par an favorise la participation de groupes dispersés dans toute la France. De l’autre le noyau actif assure les taches matérielles indispensables à l’existence du groupe.

– La création d’une Société coopérative comme instrument technique pour les missions d’assistance. La discussion fait apparaître la crainte que le groupe des permanents se professionnalise et prenne la tête du Mouvement.

Lors de cette réunion, un garde fou est entériné lors d’une réunion du C.A, à Puteaux : le nombre des professionnels dans le C.A. n’excédera pas un tiers des membres.

15 Février 1979 : Yves Delagausie fait le bilan de son mandat de Président couvrant la période du Mai 78 à Mars 79, sur les trois objectifs du Mouvement

Février 1979 : Discussion sur la brochure juridique proposée par André Kespern. Son édition est retardée parce que jugée trop technique. Elle plaide en faveur de la société civile d’habitat qui semble irréaliste, notamment par le groupe de Saint Nazaire.

La réunion des personnes, les conseils aux groupes en formation, les actions pour un nouvel habitat social . Sur ce dernier point Delagausie préconise des nouvelles unités d’habitation de 30 à 60 logements conçues comme des fédérations de plusieurs groupes de base….un mot sur nos relations aux associations du cadre de vie, aux syndicats de travailleurs, aux partis politiques : «  …Nous sommes un mouvement de proposition et d’action. Le problème des « fissures » n’est pas au premier plan de nos préoccupations. D’autres s’en occupent et c’est très bien….Nous sommes au delà de la contestation. Nous sommes au delà de la contestation…Nous prenons parti sur un problème fondamentalement politique…et nous nous disons clairement autogestionnaires. Notre rôle de proposition se limite à l’habitat. Il ne nous appartient pas de proposer un projet global de société, ni de porter un jugement sur ceux qui sont proposés par les partis politiques dont c’est le rôle….Notre position entraine la présence au sein du mouvement d’une pluralité d’opinions. Etre membre du Mouvement signifie reprendre à son compte les quelques points très précis qui sont consignés dans notre charte. Ni plus , ni moins…Nous poursuivons les débats à Chatenay-Malabry ».

31 Mars/ 1er Avril 1979 : 3èmes journées nationales à Chatenay Malabry

Le thème : L’individuel/le collectif. Certains s’inquiètent : Comment mettre des choses en commun avec des gens qui n’ont pas de liens affectifs à l’origine ? Un témoignage va à l’inverse « On s’est cassé la figure parce qu’il y avait trop de relations affectives entre nous ; Le groupe s’est relancé en s’ouvrant sur l’extérieur ». Présentation de nouveaux groupes à Cannes Montpellier, Tarbes,L’isle d’Abeau. Cinq résolutions sont adoptées dont  :

-Proposer l’assistance du MHGA aux collectivités locales, aux sociétés d’HLM et aux associations.

-Entreprendre des activités de conseil aux groupes qui soient rémunérées

-Rechercher des subventions et embaucher du personnel pour promouvoir un nouvel habitat social.

-Les deux autres traitent de l’élection du prochain C.A. et du montant de la cotisation.

6 Avril 1979 Conseil d’administration aux Jardies

André Kespern fait le compte rendu des débats entre les onze personnes présentes au sujet du prochain plan d’action.

Fabrication et diffusion du N°1 de la revue « Habitants ».

Compte rendu des journées d’Orsay .J.Lorthiois passe en revue les préoccupations et les questions formulées dans le mouvement. Y.Delagausie propose une ouverture vers les municipalités et les offices d’HLM.

De Lagausie propose une répartition des tâches en trois secteurs : La réunion des personnes (revue « Habitants »expos… ; L’appui technique des groupes ( foncier, financier, juridique,technique, relationnel…) ; Le transfert de la démarche participative dans l’habitat social ( Relations avec les municipalités et avec les Offices d’HLM ) . Le noyau actif du MHGA se compose d’une vingtaine de personnes : C.Bigourdain,Ph.Bonin,B.Bouvier, F.R.Cristiani,J.Dassonval ( le Président du MHGA), B.Drevet,G.Dufournet, M.Y.Gaillard, A.Kespern,P.Lefèvre,M et Cl Leu,J.Lorthiois,C.Meunier, J.Odier, Cl.Prinz, J.J.Samuel, B.Simpere, M.Strandberg, E.Samyn, D.Barge.

Préparation des journées européennes de Saint Nectaire du 25/26 Mai consacrées à l’habitat autogéré. Thèmes de travail proposés par A.Kespern. Listing d’une vingtaine de membres du noyau actif.

16/17 Juin 1979 CA aux Jardies

Ordre du jour : Désignation du Président, du Délégué permanent et du secrétaire permanent. Discussion d’une proposition d’A.Kespern concernant les services de conseil pouvant être assurés par le Mouvement. Le MHGA totalise 15 groupes adhérents, 125 membres cotisant dont 77 parisiens,44 provinciaux, 31 architectes dont 17 parisiens et 9 provinciaux. A.Kespern est chargé de la coordination des actions de conseil aux groupes en formation. Il travaille à l’élaboration d’une plaquette juridique ( qui ne sera diffusée qu’en Mars 1982).Lancement de la préparation du stage de Simiane en été 79 avec six stagiaires et deux animateurs.

Eté 1979 : stage de Simiane animé par Y.Delagausie et P.Lefèvre. Six personnes ont participé. Elles constituent un groupe qui devrait réaliser un projet à Forcalquier.

29 Septembre 1979 : C.A à Saulx les chartreux

Y.Delagausie a-t-il été confirmé dans le rôle de délégué général du mouvement ou délégué général chargé des relations avec les municipalités et les offices d’HLM ? Tout en exprimant ses craintes que la professionnalisation n’occulte la vie des groupes, le Conseil d’Administration confirme la nomination d’ Yves Delagausie comme Délégué du Mouvement de l’habitat groupé autogéré. Celui-ci est donc mandaté pour prendre des contacts institutionnels et de créer une Scop en capacité d’intervenir dans des projets institutionnels. Yves De Lagausie écrit au Parti Socialiste. Aucune réponse. Il écrit au Parti Socialiste Unifié qui l’invite à l’une de ses journées pour y présenter des réalisations du Mouvement . Yves De Lagausie se fait sifflé : « Comment ça : Le Mouvement de l’habitat groupé autogéré ne fait rien pour les homosexuel(le)s ni pour les sans domicile fixe ? La sentence tombe comme un couperet : Le M.H.G.A est un mouvement petit-bourgeois ! »  A la fin de la journée le Maire de Chambéry, Francis Hampe, prend néanmoins contact et se déclare très intéressé…

Septembre 1979 : Réunion du C.A. à Saulx les Chartreux

Le Ministère examine la question de savoir si les statuts de la société civile d’habitat sont les plus adaptés au projet d’habitat autogéré . Certaines personnes confondent le MHGA avec la promotion immobilière ordinaire : Un certain nombre de personnes ont tendance à consommer les services du Mouvement sans fournir de retour. On croise des groupes qui après avoir utilisé le Mouvement sont les premiers à dire que le mouvement n’a pas d’intérêt. Comment éviter que les militants ne ronronnent dans le dos des professionnels. Le rapport entre militants du mouvement et les professionnels d’habitat conseil fait toujours débat. Chacun doit garder une autonomie propre. Pour certains militants « La scop de travailleurs spécialisés risque de dévitaliser le Mouvement…L’équipe de la Scop est parisienne ce qui pose le problème du noyautage du mouvement par des professionnels parisiens ».

La fédération des Coopératives d’HLM envisage un redéploiement de la formule coopérative. Le principe de la Scop est de « tendre vers l’autogestion ». Encore faut-il que les projets respectent une taille compatible avec la participation. Des contacts sont pris avec des municipalités en vue de monter des projets d’une quarantaine de logements locatifs.

En Octobre 1979, un dossier d’appel à candidature est adressé à tous les groupes autogérés en vue de réunir des membres expérimentés disponibles pour intervenir dans la Scop et approfondir les contacts pris à Orsay et à Chambéry. En Novembre 1979 une équipe professionnelle est constituée. Une convention est établie entre le Mouvement et la Scop baptisée « Habitat Groupé Conseil ».

12 janvier 1980, présentation d’un projet de convention qui précise les relations entre le MHGA et la scop « Habitat Groupé Conseil ». Rencontres régionales ile de France, aux Jardies : Deux nouveaux groupes réalisent leur projet, l’un rue Duméril et l’autre à Fontenay sous bois. Delagausie est convoqué par la municipalité d’Orsay. Du 21 au 23 il fait une tournée dans les côtes du Nord : Lannion, St Brieuc, Paimpol. Aux Béalières la décision de réaliser ou non la ZAC des Béalières n’est pas encore prise par la municipalité. Sortie du N°2 de la revue « Habitants ».

26 Janvier : rencontre /information/Région parisienne, aux Jardies : chacun pourra ainsi s’informer et rencontrer des personnes ou des groupes souhaitant réaliser des projets. Une réunion similaire est programmée pour le 20 Octobre.

28 Janvier 1980: lancement de la campagne d’information à Chambéry.

Le 2 Mai 1980 : diffusion du N°2 de la revue « Habitants »: projet d’habitat locatif à Villeneuve d’Asq. Compte rendu de visite du groupe de Saulx les Chartreux. Articles de Roland Tourreau : « Qu’est-ce qui fait vivre en communauté ? »

Le 6 Mai, André Kespern quitte la commission juridique : « J’ai mis au point, à la demande des groupes, de nombreux statuts de société civile d’étude, de société en participation, de société d’attribution, de société coopérative d’habitat, de convention d’indivision, de syndicat coopératif de copropriété. Tout ce travail a été fait avec foi et dévouement. Je ne le regrette pas…Je regrette simplement qu’il n’ai jamais fait l’objet d’un débat sérieux ».

14-15 Juin 1980 : quatrièmes rencontres nationales

La location d’une salle à Paris vide la caisse du MHGA.

Constat : Les gens se rapprochent du Mouvement pour rencontrer d’autres candidats et bénéficier d’une assistance technique, mais dès qu’ils sont installés dans leur réalisation, ils disparaissent. Pour aller au delà de la constitution des groupes il faut affirmer avec force que le Mvt définit un projet politique plus global auquel chacun peut adhérer. La réflexion doit être poursuivie concernant l’impact de l’habitat groupé autogéré sur les relations sociales, sur la relation à la propriété, sur le décloisonnement de l’architecture, sur la responsabilité collective…

Le groupe de Villeneuve d’Ascq, celui de Lyon et celui de Marseille souhaitent mettre en place des « coordinations régionales ». « Dans ces coordinations régionales les groupes confronteront leurs expériences et partageront le travail sur la région, l’adapteront à la réalité régionale et locale pour vivre le mouvement ».

La coordination marseillaise prend le taureau par les cornes : « Vous rêvez de votre pavillon de style provençal authentique, construit avec des matériaux traditionnels, par une entreprise de maisons préfabriquées… Vous ne voulez pas connaître vos voisins, vous ne voulez pas laisser vos enfants jouer avec les enfants des autres, vous ne voulez pas partager une machine à laver, un labo-photo, une salle de musique, un toboggan…ALORS NE VENEZ PAS !

Vous avez dans l’idée d’habiter autrement, avec des copains ou de nouvelles têtes que vous aurez choisies, de décider vous-même de la forme de l’espace que vous habiterez…mais aussi de partager peut-être une salle des fêtes, quelques planches pour bricoler, un jardin potager, quelques lits pour vos belles-mères ou des copains de passage…ALORS ,ON VOUS ATTEND ! »

Toujours en Juin 1980, le groupe lillois rédige une « Contribution au débat sur l’avenir du MHGA : «  Il nous faut redéfinir des objectifs clairs et distincts de la SCOT qui prend désormais le relai en ce qui concerne l’assistance technique aux groupes…Nous voulons affirmer l’originalité du mouvement dans sa dimension politique…Si on souhaite que les groupes existants ne fassent figure d’expériences isolées, si on souhaite que ces mêmes groupes n’en viennent plus à se désintéresser du mouvement une fois leur projet réalisé , il faut affirmer avec force que la priorité du MHGA va, au delà de la constitution de groupes d’habitants, à la définition d’un projet politique plus global auquel chacun peut adhérer….le projet politique passe par une prise de conscience, qui n’est peut-être pas encore très claire, de l’impact de l’Habitat Groupé Autogéré sur les relations sociales aux différents niveaux entre les personnes , dans la cellule familiale, dans le quartier et la cité. Nous proposons d’aborder l’étude de cet impact sous trois angles particuliers : relation à la propriété, le cadre architectural et la question de l’autogestion…Nous voulions échapper à l’isolement et à l’individualisme. Aussi posons-nous, sans y répondre de suite, les questions suivantes :

– Propriétaire ou non ?

– Quelle forme de propriété ?

– Comment échapper à certaines contraintes de la propriété ?

Par une volonté de gestion collective nous voulons rompre avec un habitat qui par sa conception et sa dimension induit l’anonymat et l’appauvrissement de la vie sociale. »

Juillet-Octobre 1980 : Des bulletins de liaison s’ajoutent à la revue et annonçent les créations de groupes aux quatre coins de la France.

8 Septembre 1980 :

Habitat Groupé Conseil prépare l’ouverture de l’atelier des habitants de Chambéry. Une convention entre la ville d’Orsay et Habitat Groupé Conseil vient d’être signée. L’équipe d’Habitat Groupé Conseil s’installe au quai de la râpée. Message envoyé du local en bord de Seine : 13 septembre : Qui balaye, Qui fait la vaisselle ?

La commission juridique diffuse un tableau de synthèse des données collectées auprès de sept groupes : « Il est fait état essentiellement de deux modalités d’organisation juridique : la copropriété en indivision et la société d’attribution. Cinq groupes sur sept ont précisé que les contraintes de financement les avaient amenés au choix juridique ( garanties, taux,etc.). Il est donc nécessaire d’inclure une réflexion sur le financement en rapport avec le juridique ».

Fin Octobre 1980 : Rencontres régionales de Lyon

Le journal du mouvement ( une feuille qui s’ajoute à la revue) crée en fin1980 début 1981, intitulé Habitants, fait état de deux cents cinquante adhérents au MHGA dont une quarantaine de groupes répartis dans toute la France.

Février 1981 : Publication d’Habitants N°3 ; Les communautés rurales : R.Tourreau. La carte de France des groupes et des correspondants du MHGA. Le N° s’achève sur un article du CAUE de Dordogne.

1er Mars 1981.

Habitat-Groupé-Conseil a licencié ses trois salariés pour raison économique.

« Pour le futur, il paraît tout à fait improbable d’avoir un équilibre économique fondé sur les seules activités d’animation et de programmation. La seule solution pour poursuivre ce type de démarche nous semble être d’ajouter ces prestations à des contrats d’ingénierie ou de maîtrise d’œuvre classique en obtenant une majoration de la note de complexité pour payer les heures d’animation des ateliers…il nous semble important de tisser des relations entre les différentes équipes de concepteurs travaillant les problèmes de participation avec les habitants…D’après le GRECOH le surcoût du à la participation serait de 2 à 3% ( ce qui correspond à un passage de la note de complexité de 5 à 7) ».

Mai 1981 Publication d’Habitants N°4

Rédaction Michèle Fékir, Pierre lefèvre : L’atelier d’Orsay .Les illustrations proviennent du concours des maisons de ville à Jouy le Moutier.Un dernier article de R.Tourreau sur « Les fondements de la vie communautaire ».

6-7 Juin 1981 : Journées nationales de Lille

Présentation des groupes de la région Nord-Pas-de-Calais. La participation à Alma-Gare et la démolition des courées insalubres qui ne sont plus habitées que par des célibataires plus ou moins marginalisés. Comment va le MHGA auquel adhèrent maintenant 230 personnes dont une cinquantaine de groupes. « Il ne faut pas tout attendre d’un seul individu sous prétexte de sa disponibilité ; Faisons tourner les tâches ».Autre réaction : « Bravo pour la rencontre de Lille…les problèmes posés contrastaient avec les réunions demi-mondaines auxquelles on avait l’habitude d’assister…Plusieurs questions de fond ont été posées, questions que le noyau parisien ne se posaient pas. Ne pourrait-on pas domicilier le Mvt dans plusieurs groupes successivement…Le délégué général cumule tous les mandats ; D’autres personnes doivent l’accompagner dans ses contacts extérieurs. Le travail de secrétariat pourrait être assuré par roulement dans les groupes ».

17 Octobre 1981 : CA au quai de la râpée, siège de la SCOT « Habitat Groupé Conseil » est en cours de transformation en «  Urba-Conseil », un bureau d’études dont Yves Delagausie est à la fois le patron et l’employé, une structure qui n’a pas de lien institué avec le MHGA. Débat de fond sur le fonctionnement du mvt. Quatre régions s’organisent : Lille, Grenoble, Lyon, Marseille. Les éditions SYROS proposent la publication d’un livre consacré au MHGA. Philippe Bonnin est chargé de la coordination des articles rédigés par les uns et les autres. La Confédération Syndicale du Cadre de Vie met à disposition du MHGA un local 29 rue A.Bertillon , à Paris 15ème.Contacté par Y .Delagausie, le Plan Construction ( Ministère du logement) accepte le principe d’une subvention pour une exposition itinérante sur le MHGA. Le nouveau CA se compose de 21 membres.

Novembre 1981 ; Le N°5 de la revue Habitants est consacré aux journées de Lille. Responsable de la rédaction : Michèle Fékir. Il est question de l’autofinition dans le groupe de Saulx les Chartreux.Un article tente de répondre à la question « Quel cadre juridique choisir ? » Roland Tourreau est le nouveau Président du MHGA ; Il rédige un article sur les communautés taisibles.

28/29 Novembre 1981 Journées de Dhuizon ( à proximité de Blois)

Y.Delagausie et C.Mickmacker organisent une rencontre entre professionnels de l’habitat groupé autogéré. « L’arrivée de la gauche au pouvoir se traduit par un changement du contexte dans lequel les urbanistes et les architectes interviennent. Le projet d’associer des habitants à la conception et à la gestion de leur cadre de vie, qui était jusqu’ici marginale et marginalisée, vient au premier plan. La commission architecturale que le MHGA a cherché, en vain, à mettre sur pied depuis deux ans a quelques chances de se réunir pour la premières fois ». Les architectes font part de leur expérience : Arguillère à Alençon, Alasseur à Poitiers, Cochy à St Nazaire, Kohn au Buisson St Louis et à l’école Decroly de saint Mandé, Jacques Bon à Meudon le Val, Baumer à Maule, Coopérim à Chambéry, Guislain aux Jardies, en Belgique l’atelier 50 à Roselière et Constant à Louvranges ( Belgique) , Mickmacker aux Baléares pour un habitat troglodyte.

Le Ministre Quillot annonce la création d’un secteur pilote de la qualité de l’habitat. La circulaire du 7 Mai 1981 signée du Directeur de la Construction, Georges Mercadal, plaide en faveur de la participation : « La parole est aux habitants ».

A Dhuizon, Charlie Arguillère s’enflamme : «  Les architectes rament pour les société HLM qui pendant 25 ans ont été gérées par la droite, notamment par des militaires à la retraite ;A chaque projet l’architecte risque la crise cardiaque pour un salaire de misère. Les architectes sont impuissants à remédier au divorce entre les habitants et les sociétés HLM. Ne comptons pas sur les sociologues pour débloquer les choses : Engagés dans des équipes dites d’accompagnement, ils ont paralysé deux opérations sur trois. Ils créent les problèmes en les désignant. Les sociologues français ont du mal à considérer les gens comme autre chose qu’un bouillon de culture au fond de l’éprouvette. Le scientifique tel un hibou à grand chapeau se contente d’observer comment une opération capote. Supprimons les médiateurs et animateurs en tout genre qui font écran entre les habitants et les techniciens ».L’architecte des Jardies abonde dans le même sens : «  L’architecte, contrairement au scientifique a l’obligation de résultat. Il s’engage. Tel composant est soit là soit ailleurs. Il ne peut être à deux endroits différents en même temps. Je suis partisan d’une société qui assume ses conflits. Le meilleur programme est celui qui est adopté à 51% ». Lors des deux journées sont abordés tour à tour la question du surcroît de temps passé (un temps que tous les architectes présents estiment

à deux à trois fois supérieur) et des honoraires variant selon les opérations de 7 à 12 % du coût de construction. Est également évoquée la dialectique architecturale entre deux affirmations : celle des différences entre les membres d’un groupe et celle de l’appartenance au groupe. A Meudon le Val, J.Bon a privilégié le travail avec chaque famille plutôt qu’avec le groupe. L’essentiel pour Ch.Arguillère est de renforcer les relations entre les habitants et les techniciens de l’habitat.

Fin 1981 : Envoi au Premier Ministre, Pierre MAUROY, d’une demande de subvention pour une exposition itinérante.

Février 1982 : Rencontre régionales ile de France : « Habiter sans posséder ». La location autogérée.

23 Mars 1982 : Roland Tourreau dresse un compte rendu des réunions de la Coordination Nationale du 10 et 17 Mars. La commission organisation a toute liberté de proposition, mais c’est au C.A. et à l’A.G de trancher. Qui va prendre les décisions courantes ? Le bureau ? Si le rôle du MHGA est de promouvoir l’habitat groupé autogéré dans l’habitat social, quelle est la commission qui s’en charge ? La relation entre le militantisme et le professionnalisme devrait être resituée par rapport à cette question.

27 Mars 1982 : CAà Paris

Débat au sujet des profils haut et bas du mouvement : L’un centré sur la vie des groupes, l’autre sur les actions à mener auprès des institutions. Il est convenu que les professionnels membres du mouvement ne devrons plus être élu Président ni Délégué du MHGA.

Mai 1982 : publication d’Habitant N°6

Le groupe de la Hayette décrit son expérience de l’autoconstruction.

Roland Tourreau esquisse une histoire des communautés du 10ème au 20ème siècle. Le programme de la rencontre nationale du MHGA à Lyon figure dans le N°6 ainsi que deux articles, l’un sur le renouveau de l’habitat coopératif, l’autre sur le locatif autogéré rendant compte d’une conférence-débat organisée par la Confédération générale du logement.

29/30 Mai /82: sixièmes rencontres nationales de Lyon

Deux cents personnes participent au débat sur l’orientation du MHGA toujours écartelé entre l’entraide inter-groupe et le volontarisme institutionnel. Nouvelle formulation de la Charte. E.Samyn conclut son mandat de Président par un rapport d’orientation : « Il y a deux types de sensibilités dans le mouvement :

-Celle qui met l’accent sur la vie de groupe et uniquement sur eux.

-celle qui mène une action de type volontariste. Un noyau actif intervient au niveau des institutions, des pouvoirs et des administrations.

On ne peut pas séparer ces deux types d’actions. La seule issue possible est de vivre dans la tension de ces deux sensibilités ».

Roland Tourreau est le nouveau Président du C.A. Rappel des règles d’organisation et de fonctionnement coordination nationale, coordinations régionales, commissions… « Les professionnels adhérents au Mouvement qui sont contactés au sujet de l’Habitat Groupé Autogéré devront informer le C.A de leur démarche ». Le poste de délégué général du MHGA est supprimé. Le principe des coordinations régionales est entériné par 36 voix pour et 3 abstentions. 5 délégués régionaux sont élus, à Aix en Provence, à Lyon, à Grenoble, dans le Nord et à Paris. Mise en place d’une gestion tournante du MHGA dans les groupes.

27 Juin 1982 :Marie Sibilot animatrice de la coordination grenobloise écrit au MHGA : « J’ai été très déçue de l’A.G. de Lyon. Il me semble qu’à trop vouloir se protéger contre d’éventuels abus ou déviations de tel ou tel, à exiger qu’on ne puisse rien faire sans l’autorisation ou l’avis d’une instance démocratiquement élus, à vouloir que l’on soit toujours en binôme dès que l’on bouge le petit doigt, on risque de châtrer beaucoup d’initiatives et de freiner la dynamique naissante du mouvement…La confiance…une dimension inévitable d’une saine autogestion alors que la bureaucratie…est le contraire ».

3 juillet 1982 CA à Paris

Les participants notent la faible participation des groupes de province. Il y a une contradiction de base entre la structuration nationale du mouvement et le local : Il n’y a pas d’objet plus local que l’habitat.

Comment organiser un mouvement basé sur le bénévolat sans que sa structure ne soit trop lourde ?

La subvention annoncée par le cabinet du premier Ministre est bloquée par la direction de la construction au Ministère de l’Equipement. Le MHGA s’inquiète : il est rejeté soit à cause de sa marginalité soit à cause de son image d’appartenance aux classes aisées. Seules les sociétés HLM comptent aux yeux de la gauche: elles symbolisent le logement de masse. Le MHGA tente alors une démarche auprès du Ministère de la famille ; Sans résultat.

Novembre 1982 : La revue N°7 dresse un compte rendu des journées de Lyon, et se conclut par un article de R.Tourreau sur « les communautés taisibles ».

19 Mars 1983 : C.A à Paris 

Les coordinations régionales manquent d’un financement propre, ce qui les empêche de se déplacer là où elles sont appelées. Quel mode de diffusion du livre au sein du mouvement ? Des contacts ont été pris avec la CFDT, la CSCV et la Confédération générale du logement. Une rencontre inter-association est envisagée sur le thème : Participation des usagers à la création et à l’amélioration du cadre de vie ». Le C.C.I. du Centre Pompidou organise un colloque-exposition et invite le MHGA à une réunion préparatoire.

Mai 1983 : Un numéro spécial de la revue Habitant consacré à la « Régionalisation » présente les quatre régions : Rhône-Alpes, Provence, Lyon et Nord.

Novembre 1983 : Revue Habitants N° 9 : Un numéro spécial Réhabilitation concernant l’habitat ancien, intègre un tableau des réalisations lyonnaises.

Préparation de l’A.G Nationale du 4 Juin 1983.

En Avril-Juin 1983 le MHGA publie un livre intitulé « HABITATS AUTOGÉRÉS, aux éditions Syros. Ce livre passe en revue 28 réalisations dont 13 en Région parisienne et 15 en régions Nantes, Lille, Toulouse, Rennes, Alençon, St Nazaire, Grasse…. Philippe Bonnin qui a orchestré la publication insiste sur la recherche d’un équilibre entre indépendance familiale et vie de groupe.

21 Octobre 1985 : Le mouvement MHGA vit un peu au ralenti depuis plusieurs mois.

« De votre côté, vous avez peut-être des idées, des informations, des projets… C’est pourquoi nous organisons une rencontre, le 16 Novembre prochain ».

Les années passent pendant lesquelles que le Mouvement tombe en sommeil.

1ER Mai 1993 : A la demande d’Yves Delagausie, le Président du MHGA, Michel Broutin, organise une rencontre à Chatenay-Malabry sur le thème « 20 ans du MHGA » destinée à réactiver le Mouvement et lui donner un second souffle. Sans guère de succès. Mais il faudra attendre juin 2008 pour que des anciens du MHGA se réunissent au Buisson Saint Louis, à Belleville, afin de refonder véritablement le Mouvement sous le signe du développement durable.

Le 8 Mars 2009, le MHGA est rebaptisé : L’Eco Habitat Groupé.

L’EHG se fonde sur trois principes : L’accès économique à l’habitat / Relever les défis écologiques / Développer des formes de vie en commun. Une nouvelle charte est rédigée et les statuts du MHGA sont réactualisés sous le signe du développement durable. Une brochure expose seize réalisations dont une seule nouvelle, datant de Juin 2008, située à Montreuil. En Novembre 2009 la ville de Montreuil accueille le 9ème forum national de l’habitat groupé sur le thème : « De l’habitat groupé à l’écoquartier ».

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